10 septembre 2019

Carnets de voyages au Vieux Phare

À une époque où nous sommes abreuvés d’images, il est intéressant de voir ceux qui prennent le temps de se poser, de regarder et d’interpréter par le dessin le monde qui les entoure. Benjamin Flao, Simon Hureau et Geneviève Marot sont des reporters graphiques, munis d’un carnet, ils saisissent le moment avec quelques coups de crayon et traduisent par le dessin une émotion ressentie. Le désir de rencontrer, de partager avec les autres, de témoigner, de fixer le souvenir, le besoin de rompre avec le quotidien sont autant de motivations pour ces artistes.

Les voyages qu’ont entrepris Benjamin Flao, Simon Hureau et Geneviève Marot se caractérisent par une curiosité attentive et respectueuse de l’autre et la conscience de leur responsabilité quant à l’impact de leur présence, de leur comportement et du récit qu’ils en feront, sur les sociétés visitées.

Avec un regard ouvert, humaniste et bienveillant sur le monde, ils nous font découvrir des contrées peu visitées (Sibérie, Namibie, Cambodge, Indonésie…), des destins peu communs (Jean Piso, le peuple des Himbas…). Ils nous racontent des histoires, la leur, celle des autres. Ils nous font part de leurs émotions face à cet ailleurs qui est aussi quelque part en eux.

L’exposition Raconter le monde… Carnets de voyages révèle les expériences intimes et uniques que Benjamin Flao, Simon Hureau et Geneviève Marot ont vécu et souligne l’art singulier et hybride des carnets de voyages, témoins subjectifs de notre histoire et de notre époque.

Benjamin Flao

Benjamin Flao est un « homme-crayon », dit de lui son oncle, le peintre Gildas Flahaut. Né à Nantes en 1975, Benjamin Flao est illustrateur et voyageur. Très tôt influencé par la BD (Franquin, Moebius, Pratt), il quitte le cursus scolaire traditionnel à 14 ans pour s’inscrire à l’école d’arts graphiques de Saint-Luc-de Tournai, en Belgique. Après y avoir effectué deux années d’études, il rejoint l’école de graphisme publicitaire de Nantes. En 1994, il intègre l’école Émile Colh, à Lyon, pour y apprendre enfin la BD, le dessin animé et l’illustration. Il y rencontre Yannick Chambon. Ils deviendront Hekel & Jekel et réaliseront toutes sortes de travaux : graffs, illustrations, peintures murales, caricatures de rue, et monteront le fanzine Braktabank.
Après une traversée de l’Atlantique, il réalise des carnets qui feront l’objet de sa première exposition. En 1998, il rapporte d’un voyage en moto à travers le Burkina Faso des dizaines de dessins qui seront également exposés. En 2000 et 2001, Bernard Buigues lui propose de rejoindre son équipe à Khatanga en Sibérie pour y réaliser des carnets autour de l’expédition Mammuthus. Il parcourt également l’Erythrée avec Nicolas Scharff, rapportant dans leurs carnets un témoignage actuel et personnel d’un pays âpre au peuple fascinant…
En 2007, il publie, avec Christophe Dabitch, son premier livre de bande dessinée, La Ligne de fuite (Futuropolis), un récit qui entraîne le lecteur vers Harar, à la recherche d’Arthur Rimbaud … S’en suivent ensuite deux autres albums, Mauvais garçons Tome 1 et 2, qui nous plongent au cœur du flamenco.

Simon Hureau

Simon Hureau est d’origine normande et né juste avant les années 80. Il produit très tôt beaucoup d’auto-productions (ce qu’il continue de faire à l’occasion), participe à d’obscurs et nombreux fanzines… puis, au sein des Arts Décoratifs de Strasbourg, il contribue à la naissance de « L’Institut Pacôme », spécialisé dans la réalisation de soigneux petits tirages et belles couvertures sérigraphiées.

De ses voyage il ramène de nombreux carnets et bandes dessinées (Palaces et Bureau des Prolongations chez Ego comme X). Il a publié des fictions (L’empire des hauts murs, (ré)éd. Boîte à Bulles 2011 ; Tout doit disparaître, éd. Futuropolis, 2006 ; Hautes Oeuvres et Aspic Voisine, éd. la Boîte à Bulles), dont Colombe et la Horde chez ego comme x constitue en quelques sortes les prémisses. Il a également dessiné la Nuit des Cages, chez didier jeunesse (2007), sur un texte de Rascal. On le retrouve à l’occasion dans les pages de Lapin (L’Association). En 2012, il remporte à Angoulême le prix polar pour Intrus à l’Étrange, la Boîte à bulles, 2011.

Geneviève Marot

Diplômée de l’ESAG à Paris (Penninghen), Geneviève Marot est illustratrice pour l’édition et la presse, reporter graphique et auteure BD. Invitée par l’ONG «Friends-Mith Samlanh» à venir animer des ateliers avec les enfants de son centre, Geneviève revient du Cambodge avec de nombreux croquis et peintures qui serviront de base à son premier carnet, publié chez Gallimard : Cambodge, dans les rues de Phnom Penh.

Désormais carnettiste dans l’âme, elle est membre fondateur des Carnettistes Tribulants, un collectif d’artistes désireux d’apporter un regard décalé et inattendu sur le carnet de voyage.

Ensemble, ils publient plusieurs carnets, dont Banlieue Nomade, Ce que j’aime en toi, Vivre Vieux !, Grattes-ciel et Soupe de Nouilles, Paysannes et Bringuebalés à La Boîte à Bulles. Treize voyages à Madagascar orientent son travail de reporter graphique sur ce pays pour lequel elle a eu un coup de cœur. Sa première bande dessinée, Sous le Tamarinier de Betioky retrace d’ailleurs l’enfance d’un célèbre accordéoniste du sud de Madagascar.

Geneviève prépare actuellement un carnet de voyage sur la grande île, Douze Lunes à Madagascar, à paraître en octobre 2018 aux éditions Elytis.

Carnets de voyages au Vieux Phare

Infos

  • Du 7 juillet au 29 septembre : tous les jours 10h30-18h30 (juillet-août), tous les jours 14h-18h, sauf mardi (septembre)
  • TARIFS : Adulte : 3,20€ - Réduit : 1,70€ - Forfait famille : 7,40€ - Groupe : 2,70€ - Scolaire : 1,20€ Possibilité de billet couplé avec le Phare d'Eckmühl
  • 02 98 58 72 87
  • Site Internet
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Réservation